Expatrié : de quoi dépend cette expérience ?

Expatrié : individu résidant dans un autre pays que le sien (sa patrie).

Cette définition est, je l’avoue un peu courte, car nous savons tous que l’idée d’être un expatrié, donc, de vivre dans un autre pays, cache en général plus que cette simple phrase. Il y a tellement de facteurs qui peuvent nous faire vivre cette expérience de manière différente, qu’il est intéressant de s’y plonger un peu. Qu’est-ce qui fait qu’un expatrié ait une bonne expérience ? De quoi cela dépend t-il ?

 

Les raisons

Lorsque l’on choisi de quitter son pays pour travailler à l’étranger, c’est en général pour avoir une meilleure qualité de vie. Bien souvent économique, cette décision est prise pour nous permettre de grandir professionnellement et/ou financièrement. C’est aussi une manière de prendre du galon dans sa branche. Nous pourrons toujours annoter cette expérience sur notre CV, et celle-ci sera en principe, toujours bien vue pour un employeur.

Et puis, il y a ceux qui cherchent juste à avoir une nouvelle expérience. Ceux qui veulent changer d’air. Un nouveau début. Ou peut être encore, ceux qui veulent juste connaître le monde avec d’autres yeux.

Cependant, ce n’est pas la même chose lorsque cette décision n’est pas personnelle. En effet, que l’on choisisse d’aller voir ailleurs, ou simplement de suivre son conjoint, peut faire que cette expérience soit vécue de manière différente. J’admire tous ces couples, où l’un d’eux à accepter de suivre l’autre. Surtout, si la destination d’arrivée est lointaine et si les conditions d’adaptation sont plus difficiles. Se retrouver loin de sa famille, de ses amis, de ses habitudes avec une langue étrangère et des meures différentes à apprendre, n’est pas toujours une partie de plaisir pour ce qui n’ont en jamais eu envie à la base.

âge et responsabilité

L’âge est en effet, un facteur très important ici. Nos capacités à nous fondre dans ce monde nouveau qui s’offre à nous ne sont pas les mêmes.

Plus jeunes, nous n’aurons aucune difficulté à nous faire de nouveaux amis et à nous débrouiller avec 3 sous pour nous loger, nous nourrir et nous seront toujours au courant des meilleurs deal pour dégoter les bons plans. Nos exigences et nos nécessités sont moindres et nos attentes plus faciles à combler. Jeune, cette expérience peut être la meilleure de toute notre vie. Dans le cas où tout se passe bien, nous n’oublierons jamais ces moments de pure folie où nous avons eu la sensation de découvrir le monde, mais aussi d’expérimenter de nouvelles choses. C’est également le moment où nous avons pris conscience de qui nous étions.

Et s’il est vrai qu’adulte avec des goûts plus définis, nous pouvons parfois avoir plus de mal à nous adapter, notre expérience passée et notre volonté d’y arriver, font que nous parviendrons plus facilement à atteindre ces standards de vie dont nous ne voulions pas nous séparer. N’est ce pas ?

Par contre, être une famille expat, ça c’est autre chose. Nos responsabilités changent la donne. Nous ne pouvons plus vivre au jour le jour. Nous devenons les maîtres de la bureaucratie. Et puis, nous ne pouvons pas squatter un sofa en attendant la meilleure opportunité. Sans oublier que nous devons être sûrs qu’une rentrée d’argent arrivera dans le foyer. Tout doit être organisé et bien carré. Nous sommes des parents. Nous avons des responsabilités. Cependant, ce n’est pas pour autant que l’expérience n’est pas agréable. C’est juste qu’il y aura certainement moins de dépaysement que pour une personne plus jeune.

 

La durée

Si nous savons d’emblée que nous allons passer juste un ou deux ans à l’étranger, l’expérience ne sera pas la même. Encore une fois, cela dépend de notre personnalité et de nos responsabilités. Nous ne pouvons pas généraliser. Cependant, plus nous savons que la durée est courte, moins nous ferons l’effort de nous intégrer ou du moins de changer nos habitudes. Pourquoi mettre nos enfants dans une école du quartier lorsque nous savons que d’ici un an, il devra reprendre son cursus scolaire dans son pays. Nous n’allons pas le déboussoler avec une nouvelle langue ou un nouveau programme si nous ne comptons pas rester dans le pays. Et puis certainement que les rencontres faites resteront des gens que nous avons beaucoup apprécié, mais qu’il sera très difficile de maintenir le contacte avec les années.

Par contre, si ce voyage n’a pas de date d’expiration, c’est autre chose. Nous prévoirons les choses d’un autre œil. Nous choisirons nos logements, nos amis, notre quartier avec une vision plus réfléchie. Et certainement que nous nous jetterons dans le bain directement. Nous ne ferons pas certaines choses pour créer des souvenirs, sinon pour tenter de découvrir ce que seront nos nouvelles habitudes. Nous pourrons nous défaire de nos anciennes plus facilement. Sans nostalgie.

 

Le ressenti sur notre propre pays

Aimer être un expatrié ou du moins aimer vivre dans un autre pays, dépend de ce que nous quittons de l’ancien. Et bien sûr de ce que nous trouvons dans le nouveau. Il sera plus facile pour nous d’apprécier notre nouvelle « patrie », si nous valorisons d’avantage ses croyances et sa politique. Ou si simplement, nous n’avons plus à gérer avec des choses qui nous gênaient profondément de notre pays d’origine.

Des fois, il ne peut s’agir que de certains détails, mais qui au fond, peuvent changer la donne. Ici, je me réfère par exemple au climat ou aux horaires. Ou encore à la nourriture.

Cependant, ce qui fait le plus la différence est comment la ville nous reçoit et comment nous la laissons nous impreigner d’elle. Et ceci dépend toujours de nos attentes et de notre état d’esprit du moment.

 

Et pour finir, l’expatrié…

En conclusion, j’aimerais juste rappeler que les expatriés sont avant tout des émigrés. Les mots clé ici sont intégration et acceptation. Afin de vivre cette expérience comme la meilleure de notre vie, nous devons considérer avant tout que nous avons de la chance de la vivre. C’est un cadeau. Mais aussi une opportunité de vivre autre chose. Et qu’il s’agisse de quelques mois ou de quelques années, nous devons en profiter au maximum.

Je ne vis plus en France depuis prés de 16 ans. Je ne sais pas si je peux encore me considérer comme une expat. J’ai vécu dans trois pays différents et je me suis toujours sentie comme faisant partie du pays où je me trouvais. Après 12 ans à Barcelone, mon cœur balance toujours entre ses deux pays que j’aime tant. Je ne serais, vous dire avec certitude de quel pays je suis.

 

 

 

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