La peur des écrivains, ou du moins la mienne…

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La peur…

Comme vous le savez, j’ai écrit un livre et celui-ci dort toujours dans le fond de mon tiroir. Je sais ce que je dois faire pour l’en sortir (même si pas totalement au fond) : l’envoyer à des maisons d’édition… mais jusqu’à présent, je n’ai pas pu le faire. J’ai mis quelques semaines pour me rendre compte des raisons, ou du moins de LA raison qui m’empêcher d’avancer.

La peur que mon manuscrit soit rejeté par les maisons d’édition.

Il s’agit bien de cela. J’ai mis longtemps pour mettre le doigt dessus, pour lui mettre un nom, mais maintenant que c’est fait, je peux apprivoiser cette peur en l’affrontant.

Depuis que je me suis mise à écrire, j’ai connu d’autres peurs. En effet,  je pense que je ne serais pas la première à l’avouer, mais se lancer dans ce genre d’expérience n’est pas rien.

peur de l'écrivain
peur de l’écrivain

 

 

La première peur était même motivante

Peut-être parce que je suis nouvelle dans ce monde, mais je peux dire à haute vois ou ECRIRE EN MAJUSCULE, que je n’ai jamais eu le syndrome de la feuille blanche. Ceci certainement, car quand j’ai pris la décision de me lancer dans cette aventure, je n’ai en réalité que posé les mots sur papier que je gardais si longtemps dans ma tête. En effet, je n’ai eu aucune difficulté à écrire l’histoire que je voulais raconter.

Je l’ai même écrit en espagnol pour pouvoir le traduire par la suite en français. Tout ceci pour vous dire que ce qui me tourmentait le plus était le ton que je voulais utiliser et vivant à Barcelone depuis 12 ans, je me sentais plus à l’aise d’utiliser l’espagnol plutôt que ma langue maternelle. Je souhaitais que le livre ait un ton naturel dans un langage courant. Nous savons bien que la beauté, mais également la complexité du français se trouve dans le risque d’utiliser un langage trop soutenu ou alors trop familier. En gros, je ne savais pas choisir entre un ton « trop cordial et pompeux» et un « wesh wesh ».

Alors oui, j’ai préféré l’écrire en espagnol. C’est une langue que je maîtrise totalement et avec laquelle je me sens très à l’aise. J’ai écrit ce manuscrit en très peu de temps et avec une fluidité surprenante. Ici, je ne pensais pas encore aux choses qui me préoccupent à présent : est ce que les gens vont aimer ? Est-ce que je vais trouver un public ? Une maison d’ édition qui va vouloir travailler avec moi ? Non, au début, ma seule préoccupation était d’arriver à terminer de raconter mon histoire. D’aller jusqu’au bout de mon rêve. Et j’y suis parvenue.

 

Peur du regard des autres

Lorsque j’ai parlé de mon projet à mes amis, certains m’ont bien sûr demandé d’y jeter un œil. Par courtoisie, par curiosité ou par soutien, toutes les raisons me faisaient plaisir. Cependant, le regard des autres sur son travail, surtout quand il est aussi personnel, fait peur. Nous dévoilons un aspect très privé et ouvrir les portes de son jardin n’est pas chose aisée.

La première personne à qui j’ai lu le premier chapitre était mon mari. Je dois préciser ici, que ce dernier n’a pas ouvert de livre depuis au moins 10 ans. Néanmoins, je souhaitais partager cela avec lui. Je savais en plus, que je serais lire en lui ce qu’il n’oserait peut-être pas me dire à voix haute. Et bien, croyez le ou pas, mais au moment de commencer ma lecture face à lui, j’étais morte de trac. Qui l’eu cru ? Certainement pas moi. Mi amor m’a vu dans pire situation que celle où sa femme, assise face à son ordinateur va lui lire un chapitre…

Et après, je me suis décidée à le faire lire à quelques personnes proches. Leurs réactions m’ont fait énormément de bien. Elles étaient enjouées et elles aimaient ce que je leur envoyais. Une d’entre elle, ma fameuse G, me donnais même ses sensations et nos conversations ont été très bénéfiques pour certains changements que je n’aurais même pas pensé faire sans son aide.

Et puis, j’ai voulu demander l’avis d’une personne que je ne connaissais pas. Car après tout, je savais bien que toutes les critiques que j’avais eu pour le moment n’étaient pas très objectives… Une de mes meilleures amies et ma belle-sœur… Voyons, je devais savoir ce qu’un inconnu penserait de mon histoire. Là, je peux vous dire, que j’ai connu ma première peur de la critique. Mais encore une fois, celle-ci était bonne. Bien évidemment qu’il n’a pas été aussi indulgent que ma famille, mais je sais que mon manuscrit a été dévoré et qu’il a passé un bon moment avec les personnages de mon récit. Alors oui, forcément, à ce moment, je me suis dit : et pourquoi pas tenter de le publier ? Et c’est là que cette peur dont je vous parle au début est arrivée.

 

Le temps est une arme contre la peur

Nous avons tous une manière de réagir à la peur. Je me connais bien. Je sais que dans mon cas, le temps est un facteur clé pour la maîtriser. En effet, j’ai eu besoin de temps pour me faire à l’idée du rejet. Je n’ai pas réellement investi le thème, mais un ami à récemment publier un livre avec une maison d’édition qu’il m’a fortement recommandé. Comme beaucoup d’entre elles, elles demandent également l’envoi d’une synopsis, que je n’avais pas prête. La semaine dernière, j’ai pris la décision, ENFIN, de m’y atteler. Les deux mois que j’ai mis de coté cette tache à faire ont été nécessaires à son aboutissement. Je vous la dévoilerais lorsque les dernières modifications seront faites. Mais oui, j’ai ENFIN pris la décision de m’y mettre, car j’ai ENFIN pris conscience que même si on me disait que mon livre était un navet, j’avais d’autres solutions : comme passer par une autre maison d’édition, ou me tourner vers l’auto-édition.

Je ne suis pas dans une situation fermée. J’ai des ressources, alors pourquoi avoir peur ? Et puis pourquoi craindre une réponse si nous ne demandons pas l’opinion d’un professionnel ? Je pourrais avoir peur le jour où j’enverrais mon travail, pas avant…

« Alors aussi petite et jeune dans le métier, lance toi.  » Voilà ce que ma petite voix me dit.

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