l'avortement : un droit encore réservé

— L’avortement : un droit encore réservé

Vivant à Barcelone, j’ai toujours un train de retard sur les nouvelles en France. Cependant, celle-ci m’est bien arrivée aux oreilles, et j’ai tout de suite pensé à une chose : l’avortement… Vous savez à qui je me réfère bien sûr… Simone Veil s’est battue pour le droit à l’avortement, ce droit qui nous semble acquis et qui est pourtant encore réservé qu’à certaine d’entre nous.

luttant pour les droits de la femme

Simone Veil, devant l’hémicycle, le 26 novembre 1974.

« Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme. Je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes.» Simone Veil 1974

Ce n’est pas être féministe que dire que toutes les femmes devraient disposer du droit à l’avortement.

À l’idée de savoir que ce n’est pas le cas et qu’il existe encore des pays où les femmes ne sont pas toutes égales sur ce point, fait ressortir mon côté révolutionnaire. C’est pitoyable que les femmes dans certains pays puissent subir des sanctions financières ou même aller en prison si elles se font prendre la main dans le sac.

Nous ne sommes plus à l’époque des Aztèques qui punissaient l’avortement par la peine de mort, mais il faut savoir qu’elles n’ont pas les mêmes options selon où elles naissent.

 

campagne pour l'avortement

ceci n’est pas un cintre campagne pour l’avortement

“Ou encore l’Algérie où l’avortement est interdit. L’article 304 du Code pénal des États me laisse sans voix : crimes et délits contre la famille et les bonnes meurs, section I

“- Quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violences ou par tout autre moyen, a procuré ou tenté de procurer l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte, qu’elle y ait consenti ou non, est puni d’un emprisonnement d’un (1) an à cinq (5) ans et d’une amende de cinq cents (500) à dix mille (10.000) DA.
Si la mort en est résultée, la peine est la réclusion à temps, de dix (10) à vingt (20) ans. Dans tous les cas, le coupable peut, en outre, être interdit de séjour.  Extrait de mon livre

 

plus de maternité obligatoire

plus de maternité obligatoire : manifestation pour le droit à l’avortement

Je veux mentionner un autre cas : celui du Chili, un des pays les plus conservateurs d’Amérique latine (lo siento Amor) où le général Pinochet avait laissé un petit cadeau à son peuple avant de quitter le pouvoir en 1989, interdisant l’avortement qui était jusque-là possible en cas de fœtus non-viable et de danger pour la santé ou la vie de la mère. Cette interdiction totale a été maintenue depuis le retour de la démocratie, en 1990, sous la pression de l’Église catholique (Amen !)
Et seulement depuis août 2015, le congrès chilien a décidé de revenir en arrière et a approuvé un texte visant à dépénaliser l’avortement en cas de risque pour la vie de la mère, de malformation ou de grossesse due à un viol, dans un pays où l’interruption de grossesse est totalement interdite.
En sachant qu’il n’est possible de divorcer que depuis une décennie, vous comprenez bien qu’il faut respecter le “step by step” et ne pas aller trop vite s’il l’on ne souhaite pas ébranler le 70% de la population qui se déclare catholique.

« Après, il y a d’autres pays qui l’autorisent, et même la recommandent, afin de pouvoir contrôler la population, non pour le bien de la femme.

Faut-il penser que c’est normal ? Que toutes les décisions devraient être prises pour le bien de l’État et non des gens qui vivent dans ce pays ? L’avortement : tout ne peut être blanc ou noir ! En plus, toutes ces lois ont été décidées et dictées par des hommes. Ne se peut-il pas qu’ils leur manquent certains éléments pour pouvoir prendre ce genre de décision ?

Outre cela, il est important de savoir que la non-punissabilité de l’avortement ne signifie pas dans ces pays qu’elle soit une pratique plus fréquente que chez ceux qui la punissent.
Il existe d’autres options, telles qu’une massive éducation sexuelle et un large accès à la contraception. » Extrait de mon livre.

 

Dans mon cas, lorsque j’ai cru retomber enceinte, après mes jumeaux, j’avoue que j’y ai pensé. Certes, la pensée de le garder également m’a traversé l’esprit, mais cela devrait être mon choix.

Je termine en n’ayant pas de scrupule (même si cela peut choquer certain) en disant :

L’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin

L’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin

Fuck à la religion qui l’interdit et fuck aux hommes qui pensent qu’un homme, qu’un gouverneur, qu’un politicien, qu’un homme de dieu, qu’un État, pour le bien de tous et de chacun réprouve ce droit à la femme qui n’a plus de contrôle, ni son mot à dire sur son propre corps, parce qu’elle n’est pas” il”, parce qu’elle n’appartient pas au genre masculin…

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leti
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  • Plume

    Petit commentaire pour le cas de la France.
    je. ne suis personnellement pas pour l avortement, mais contre les situations de détresse qui forceront une femme a faire ce choix.
    Tuer un petit être en devenir parce qu’ on manque de moyens, parce qu’on est dans une situation instable ou autre ne justifie pas (toujours pour moi) de passer le reste de sa vie à se demander si c était un petit gars ou une fille, a compter ses anniversaires qu’il ne vivra pas, à se demander s il nous aurai ressemble ou pas.
    Certes, Et je sais de quoi je parler, parfois bébé s installe. Ce n est pas forcément le moment. Mais je pense qu’avec plus de soutien, plus d information sur l accouchement sous x, éventuellement si on donnait aux « parents » le choix de la famille a qui confier l enfant et le choix de s accorder sur d eventuelles droits de visite, beaucoup de souffrances seraient évitées.
    Bien sûr ce n est qu’ un avis, et il ne vaut que ce qu’ il vaut mais ça me semble être une piste de réflexion intéressante.

    • leti

      oui, c’est surtout en cela que le sujet me révolte, pour cette injustice et cette inégalité. les lois ne devraient pas être si blanc ou noir et surtout comme arme pour gérer la démographie. J’imagine que pour quelqu’un qui tente de tomber enceinte, cela doit être très frustrant, merci pour ton commentaire si sincère.

  • Waou!! Texte engagé plein de justesse. Merci.

    • leti

      merci ma belle, je suis contente de te croiser sur mon nouveau blog, j’ai cru un moment que je t’avais perdu 🙂

  • Je ne peux qu’approuver !

    • leti

      merci Anaël, je m’emballe toujours un peu avec ce sujet 🙂

  • lauriane

    super article ! très poignant c’est vrai que nous devrions toutes avoir le choix , il est vrai aussi qu’il faudrait mieux éduquer  » sexuellement » les jeunes filles et garçon . en tant que femme j’approuve se droit mais lorsqu’il s’agit d’ivg de confort parce qu’on a pas fait attention la je suis moins d’accord , ayant moi même des souci de fécondité je peut t’assurer que quand tu entends une femme dire j’avorte car je n’en veux pas c’est un accident , ça fait remonter en toi une injustice surtout dans un pays comme la France ou l’on a un minimum d’éducation a ce niveau la ! mais ceci dit on devrait toutes quelque soit notre pays , notre religions , pouvoir avoir le choix

    • leti

      Une de mes très bonne amie est aussi en traitement et je lui ai posé la question, par curiosité, je ne voulais surtout pas qu’elle se sente offensée…. et elle m’a tenue le même discours que le tien, donc je vois carrément ce à quoi tu te réfères 🙂

  • Crazy Girl

    Salut 😉
    Article très intéressant et sujet dont je suis déjà convaincue… Même si perso et non pour des questions religieuses ou éthiques, je crois que je ne pourrais pas me résoudre à prendre une telle décision…

    • leti

      oui, je suis un peu dans la même situation: quand j’ai cru retomber enceinte après les jumeaux, je râlais car je savais que si c’était le cas, je le garderais (même si je n’en voulais plus et même si je m’étais assurer que cela ne puisse pas arriver avec la vasectomie de mon mari…, mais telle la pilule ce n’est pas 100% fiable ). bonne semaine crazy girl 🙂

  • Nora_Suit Yourself !

    Super article ! Malheureusement le droit à l’avortement n’est pas le seul qui est précaire pour nous les femmes. J’ai l’impression que nos libertés sont fragiles et restent soumises au bon vouloir d’une poignée de personnes, qui, si nous faisions trop de vagues pourraient nous les retirer. Je ne suis pas convaincue du tout que la femme est l’égale de l’homme, en tant qu’être humain. Pas dans l’inconscient en tout cas. Tout ça est flippant.
    Restons vigilantes !

    • leti

      oui Nora, je suis bien d’accord. La peur aussi d’être traité de féministe nous met un frein. Mais effectivement il y a encore tellement de chose ou nous ne sommes pas tous égaux…

  • Les femmes devraient avoir de toute façon le choix sur tout, absolument tout ce qui concerne leurs corps et non je ne suis pas féministe mais la colère que j’ai quand j’entend que certain pensent autrement! On a le droit de choisir sa vie !!! Joli article 😉

    Janaël

    http://www.hashtagbyjvb.com

    • leti

      Merci Janaël, j’espère qu’un jour nous y arriveront