Mère avant tout, il n’y a pas de mal

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Depuis que je suis mère ou plutôt « Mama t’es où ? « , je revendique mon statut de femme plus que jamais. Je me décris souvent comme étant une maman aimante même si je suis de temps en temps pète-sec. Mais aussi comme étant la femme comblée de mi Amor, sans oublier une amie géniale et une sœur et belle-sœur qui va toujours tenter de se mettre à la place de l’autre. Et puis, je mentionne toujours en dernier, mais plus pour insister sur l’importance du fait que je reste une femme. Une femme à part entière. Cependant en analysant mon comportement, mes réactions, mes choix, je ne suis plus sûre au fond de savoir si la partie de femme que je suis est la dominante.

Toutes mes décisions importantes se font en fonction de mes enfants et de ma famille. Par exemple, j’ai décidé de réduire mes heures de travail pour pouvoir les accompagner dans leurs premiers pas. Je ne pouvais pas imaginer les laisser à 4 mois, si fragiles, si petits entre les mains d’une étrangère. J’ai réussi à me convaincre de les mettre en garderie lorsqu’ils ont eu deux ans. Je savais que mes jumeaux seraient mes premiers et mes seuls enfants et je comptais bien ne rien perdre de leur évolution. Je sais très bien que beaucoup de femmes ne le font pas par simple plaisir, mais de mon côté, je ne pouvais pas les laisser partir avant.

Certes, il y a eu des moments très difficiles. Nous avons dû renoncer à du nombreux plaisirs, car la bourse ne suivait pas, mais c’était un choix. Notre choix. Et puis élever des enfants sans la famille à côté est un défi. Cela implique que Papa ou Maman soient toujours avec les enfants. Tous les parents expats ou tous ceux qui n’ont pas la famille ou le papa à côté peuvent le confirmer : la vie de parent est loin d’être un long fleuve tranquille. Mais pour moi, c’est encore un choix que j’assume.

Et puis récemment, j’ai dû reprendre le boulot pour pouvoir donner à mes enfants un peu plus de confort. À présent qu’ils grandissent, ils ont des besoins que je ne peux leur refuser. Je suis encore en train de chercher la forme de le faire, mais j’avance… Encore une fois, sans le soutien de la famille, ce n’est pas toujours évident.

Malgré parfois les tensions et le manque de patience, j’ai beaucoup de chance, car mon couple n’a pas souffert. Au contraire, il est devenu encore plus solide. Nous sommes soudés. Nous ne formons plus uniquement un couple, mais aussi une famille. Notre entente reste harmonieuse tout comme notre souhait d’aller de l’avant et de franchir de nouveaux défis. De temps en temps, nous devons réanimer la flemme pour que la routine de l’axficxie pas, mais ceci est tout à fait normale pour un couple qui s’aime depuis 10 ans.

Et la femme dans tout ça ?

En y pensant, il y a une chose que j’ai réalisée en tant que femme : écrire mon premier livre. Certes, mes enfants et ma vie de mère m’ont énormément inspirés, mais en l’écrivant, je me suis senti femme. J’ai senti que j’existais par moi-même. Je n’étais pas la Mama, ou l’épouse. Je n’étais que Leti. Et ça c’était bien. C’était bon. J’étais moi-même.

Et la femme dans tout ça ? Elle est où ? À ceci, je pourrais répondre : partout ! Dans l’épouse qui souhaite toujours vivre sa vie amoureuse comme un conte de fées. Dans la mère qui tente de ne pas emmener ses enfants à l’école en pyjama. Mais aussi dans l’amie qui tente de ne pas être cataloguée. Je reste femme, mais je dois bien avouer que je suis loin d’être la même. Alors oui, je retourne ma veste : femme, mais pas que… Je ne sais pas si c’est de la maturité ou de l’objectivité, mais j’en ai assez de vouloir me justifier et d’avoir peur que l’on me classe dans la catégorie maman barbante qui est passée dans l’autre camp. Être mère ne veut pas dire que nous ne sommes plus femmes, alors pourquoi vouloir s’en défendre en se justifiant ?

 

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