Mon retour en France

Mon retour en France

Il y a presque 20 ans, j’ai pris l’avion pour la première fois en direction de Londres. À ce moment-là, je crois bien que la destination m’importait peu. En effet, il s’agissait plus d’une fuite de la France qu’autre chose. Il y avait tellement de choses qui me donnaient envie de partir que quand une amie déjà installée à Londres, m’a proposé de venir la rejoindre, je n’ai pas mis longtemps pour prendre ma décision. J’ai pris le large. Après 4 ans de folie en Angleterre et 15 ans d’amour à Barcelone, me voilà de retour à la case départ : direction France. Le grand retour. Dure décision, mais au fond, je sais que c’est la meilleure option pour ma famille. 

retour en France
retour en France

Un retour précipité

Si tu m’avais mentionné, il y a encore un an, l’éventuelle possibilité d’un potentiel retour en France, je t’aurais très certainement ri au nez. Tu as bien compris, quitter Barcelone pour la France, n’était même pas envisageable. Mais alors pas du tout. Cependant, des fois, il arrive des imprévus, qui font que tous tes plans sur ta comète s’envolent en quelques mois. Tel que par exemple une maladie.

Le déclancheur

Ce Coronavirus a fait caguer tout le monde, en empêchant les gens de travailler, en excluant les enfants de leur apprentissage scolaire (ou même de la rue pour chez nous), en imposant des changements de mode de vie radicaux et des décisions un peu con-con sont prises ! 

Alors, on se met à la page, on suit les règles. Cependant, tout le monde ne joue pas le jeu. Notamment l’Etat : et oui, il t’oblige à rester à la maison, mais te laisse dans ta merde. En effet, mon foyer fait partie du « petit » groupe de personnes (300 000) qui ont dû attendre début août pour recevoir une partie de son salaire. Et comme vous le comprendrez, 6 mois sans rentrée d’argent (mais avec les mêmes frais) ont un peu fait que j’ai dû prendre des décisions contraires à mes souhaits.

Pas que des points négatifs…

Alors ne sortez pas vos mouchoirs. Loin de moi l’idée de vous faire pleurer. Finalement, je suis contente d’avoir pris la décision de vivre en France. C’est un très beau pays, et en plus, je suis heureuse que mes enfants puissent connaître mon pays d’origine. Je voulais qu’ils arrêtent de penser que les légumes poussent dans les supermarchés ; qu’ils puissent parler la langue correctement sans accent ; qu’ils passent plus de temps en famille. Et puis, je souhaitais qu’ils connaissent le changement et qu’ils profitent de ce dernier pour se rendre compte qu’il n’y a pas qu’une façon de vivre ou d’être. 
Mais bon, les choses ne se sont pas passées comme cela et à présent, il faut rebondir et savoir apprécier tout ce qui va venir. Je vais devoir affronter mes peurs, tout ce qui fait que cette décision à été difficile.

Réticences sur mon retour en France 



Barcelone, mon chez-moi

D’abord, ce n’est pas seulement la destination d’arrivée le problème, mais la ville du départ. Et oui, 15 ans à Barcelone, ce n’est pas rien : en effet, je considère toujours Barcelone comme étant encore mon chez-moi. J’y ai rencontré mon Amour qui est devenu mon mari et le père de mes enfants. Mes jumeaux sont nés en face de la mer, à 5 minutes de notre appartement, notre cocon d’amour (et pas seulement le nôtre d’ailleurs). Notre « palacio » est apprécié de tous ! La quantité de gens incroyables que j’ai rencontré et qui ont déposé leurs valises chez nous est impressionnante.

une expat de 20 ans


Et puis qu’on le veuille ou non, pour une expat de longue date, revenir dans son pays d’origine donne la sensation d’être revenue à la case départ. On avance plus. C’est comme un goût de déjà vu et ça, il va me falloir du temps pour le digérer. D’ailleurs, cela fait 20 ans que j’étais une expat… Et à présent, c’est terminé. Néanmoins, je ne dois pas perdre de vue celle que je suis devenue grâce aux voyages. J’ai changé. En effet, j’ai mûri et grandi personnellement seule, sans l’influence de la famille ou des amis d’enfance qui font que l’on ne voit qu’un côté du mur, qu’une façon de voir les choses. Le fait de vivre dans une ville cosmolite, te fais connaître et apprécier l’ouverture d’esprit.

Loin des yeux…

Comme tout le monde, je considère que ma famille est un peu compliquée (Si ce n’est pas le cas, tu as de la chance… Ou tu mens…) et du coup, c’est quand même beaucoup plus facile à gérer quand tu es loin. Allez, j’ose : c’est moins contraignant. J’imagine que mon mari ne va pas avoir envie de passer tous ses dimanches chez belle-maman. Quand tu vis à l’étranger depuis longtemps, tu n’as pas les mêmes rituels le week-end et les changements peuvent être un peu choquants.


 Et puis…

Et la dernière réticence, mais qui n’est pas moindre est la tension palpable qui existe avec les étrangers. Le racisme. Il y a toujours les deux bandes et ceci est très pénible. Je ne suis plus habituée à ressentir ces tensions et pour être honnête, cela ne me manquait pas. Je comprends très bien la méfiance des deux côtes, mais elle me met mal à l’aise.

Un retour positif

En me relisant, je vois bien que j’ai peur de beaucoup de choses. Si je veux avancer, je dois les affronter et ne regarder que les choses positives que vont m’apporter ce changement de vie.
Le corona n’est peut-être pas uniquement la cause, mais peut-être le déclencheur et finalement ce n’est pas si mal. Et puis j’ai lu récemment que l’on ne pouvait plus fumer en terrasse à Barcelone… Donc voilà, une bonne chose d’avoir déménagé avant ..!