un sentiment flou face à la situation actuelle de Barcelone

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Je participe au défi DU COTE DE CHEZ MA. Le principe : 52 semaines dans l’année, 52 photos. Pour le défi de cette semaine il faut illustrer le mot  » flou « .

J’ai choisis cette photo que j’ai exagérément faite flou car elle révèle mon opinion sur ce qui se passe à Barcelone pour moi ces dernier temps.

flou
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Barcelone, ma ville

Pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je suis française mais je ne vis plus dans mon pays, et cela depuis 16 ans. Il y a 12 ans, j’ai choisi Barcelone comme foyer. Au début, je n’en avais peut-être pas conscience, mais avec le temps, c’est ce que cette ville est devenue. Cependant je dois reconnaître que ce qui se passe en Catalogne en ce moment est un peu flou et confus pour moi. Je ne me retrouve ni dans la vision des indépendantistes ni dans celle des anti-indépendantistes. Certes, je n’ai jamais aimé la politique, et ce n’est pas maintenant que cela va commencer. Barcelone est tellement plus pour moi qu’une communauté autonome ou un pays à part entière. C’est un état d’esprit. Une façon de vivre. Une ville magique.

Je me souviens encore de mes années « loca » où, même si déjà bien rodée en Angleterre, j’ai connu des gens déjantés et mes souvenirs de soirées sont souvent flous du à des quantités trop grandes de Tequila ingurgitée (j’aurais pu aussi écrire la-dessus). Comme je vous en ai déjà parlé, Barcelone est un lieu propice à la fête. Néanmoins et heureusement, elle n’est pas que cela. Elle est en effet, un endroit où il fait bon vivre et où la richesse ne se résume pas à l’argent sinon à un mélange de richesses culturelles qu’apporte chaque résident et chaque personne qui la traverse.

 

Néanmoins, en ce moment, la ville est un peu en stress.

Contrairement à ce que vous pouvez penser, nous sommes loin de rentrer dans une guerre civile. Même si les hélicoptères qui parsèment notre ciel et les quotidiennes manifestations, pourraient le laisser croire, il n’y a pas de tensions dans les rues, du moins elles ne proviennent pas des gens qui vivent en Catalogne. Non, contrairement à quelques commentaires que j’entends de certains touristes, la ville n’est pas coupée en deux. Les deux camps arrivent à se faire entendre sans pour autant dénigrer l’autre. Bien sur, il y aura toujours des fanatiques qui tenteront l’esclandre, mais c’est loin d’être représentatif de la majorité.

J’ai récemment commencé à prendre des cours de catalan. Mais je vous le dis tout de suite, ce n’est pas parce que j’ai peur que le catalan devienne d’ici peu une obligation pour pouvoir rester. Il y a à cela une raison beaucoup plus humble. En effet mes enfants sont dans une école catalane du quartier, choix délibérément pris, et d’ici peu, je ne veux pas me retrouver perdue avec les devoirs. Je souhaite être prête quand le moment de lire des livres en catalan viendra. Je veux être capable de les aider au maximum, et de partager avec eux ces moments magiques de lecture et d’apprentissage. De plus, je ne veux pas me sentir exclue de leurs conversations s’ils choisissent de parler entre eux catalan.

 

Tout est flou pour moi

Je ne sais pas exactement ce qui se passe. Et surtout je ne connais pas exactement quelles seraient les conséquences sur ma « petite vie d’étrangère » si la Catalogne devenait un pays. Je refuse de regarder les info qui pourraient, comme très souvent, ne révéler qu’une partie de la vérité. Si vous cherchez grâce à cet article, à avoir des info sur ce qui se passe, vous n’êtes pas au bon endroit. Ici, je vous parle de mon ressenti sur la situation. Mes amis catalans ou étrangers, nationalistes ou indépendantistes ont tous la même préoccupation : que l’ambiance de notre ville ne change pas, que la politique ne bâtisse pas des murs que nous aurons du mal à abattre sans se blesser.

Le soir j’aime regarder par la fenêtre les gens qui passent dans la rue. « J’aime l’agitation de la ville. Le petit vieux et son chien, que l’on ne sait plus très bien qui promène qui. La femme qui s’est faite toute belle pour sortir avec ses copines. L’homme qui se fume son petit pet du soir sans aucune honte. Le couple d’amoureux qui marche main dans la main. Le petit jeune skateur qui disparaît très vite, mais que l’on peut entendre longtemps. Le touriste qui mitraille avec son dernier gadget tout ce qui bouge. Hectique, bruyante, animée. Barcelone. Ma ville que j’aime tant. » (extrait de mon livre)

Depuis quelques semaines, si je sors sur mon balcon, en plus de cette description, je devrais ajouter à cela, un son répétitif, un peu strident si je peux me permettre : celui des casseroles. Ces nombreuses « cassoladas » sont organisées depuis la mi-septembre pour protester contre les répressions autour du référendum, toujours à la même heure.

 

Donc…

Oui cette situation est un peu floue pour moi car je ne sais pas de quel coté je suis. Je suis encore en train de me chercher une place puisque je ne me considére ni dans les « nous » ni dans les « eux ». Tout ce que je sais, est que j’aime cette ville et qu’elle me le rend bien. J’espère que je ne devrais pas en partir pour des raisons politiques. Barcelone est la ville où j’ai rencontré mon mari et où sont nés mes enfants. Elles est également la ville où j’ai fait de très belles rencontres. Viva Cataluña. Viva España.

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