Tourisme de masse pesant à Barcelone

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Dimanche dernier, réveillée par mes loulous, je me suis jetée sur le premier short que j’ai trouvé, je me suis  lavée les dents et j’ai embarqué mes deux tremblements de terre pour se dégourdir les jambes. Munie d’un ballon et d’un vélo sous le bras, nous voilà partis pour la balade matinale où je sais que je vais pouvoir prendre mon premier café afin d’être capable de faire quelques passes à mon fils. Eh bien, la partie de foot a dû un peu être écourtée au grand désespoir de mes loulous. Le tourisme de masse a gagné la partie.

En effet, alors que nous étions en train de nous échauffer à la Plaça del Rey, un premier groupe de touristes à vélo a démarqué et s’est installé à l’ombre, juste là où nous étions, et la même chose s’est reproduite 10 minutes après avec un autre groupe. En 20 minutes, cette place déserte s’est retrouvée à recevoir 4 groupes de différentes compagnies. Au début, je n’ai pas eu envie de batailler, après tout, qui suis-je pour être prioritaire sur cette place ? Ah oui, c’est vrai, je vis à deux rue de cette place… ? mais je me suis dit qu’il valait mieux attendre que les guides finissent de raconter la même histoire avec leur micro (ce qui n’est absolument pas désagréable, je vous le confirme) et je me suis dit, bon, je vais aller prendre mon café et offrir un bon cacolat à mes enfants. Au bout de 20 minutes, mes loulous me redemandent de rejouer au ballon et je regarde autour de nous, il ne reste plus qu’un groupe. Donc effectivement je me décide à payer, le café au prix touriste de la place et nous nous remettons à jouer. Mon fils tire le ballon un peu fort, je dois courir pour aller le récupérer et là boom, un autre groupe arrive et encercle mon loulou qui regarde la scène sans comprendre et qui me demande pourquoi il y autant de gens maman. Je lui explique que ce sont des touristes. Il me dit, comme nous lorsqu’on voyage ? Oui, exactement. Mais ils sont tous de la même famille ?? Et là, bingo !!! Mon Fils de 5 ans a mis le doigt sur le gros problème de Barcelone : le tourisme de masse.

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Le tourisme de masse

Bien évidemment, que je ne critique pas le fait que Barcelone soit une ville qui reçoit beaucoup de touristes. Je fais partie de ces 120 000 personnes qui travaillent et gagnent leur vie grâce au tourisme. Ce secteur génère près de 15 % de la richesse de la ville que j’aime, celle où j’ai choisi d’y vivre il y a plus de 10 ans maintenant. Bien sûr, que je suis consciente que grâce au tourisme, Barcelone est une ville riche. Cependant, ce n’est pas pour autant que nous devons oublier ceux qui y vivent. Indépendamment d’être ou non catalan, je me réfère à ceux qui y vivent et ceux qui veulent pouvoir profiter de leur quartier sans pour autant être pris pour un touriste.

 

Les habitants de Barcelone sont mis au second plan

Vivant en plein cœur de Barcelone, je me rends compte que je ne suis pas sur un pied d’égalité face aux touristes. Je n’ai pas leur pouvoir achat et je ne peux pas me permettre de sortir autant comme j’avais l’habitude de le faire avant. En effet, depuis plus de 10 ans, mon salaire n’a pas augmenté et pourtant, le prix de mon logement à presque atteint 70% d’augmentation. Sans oublier, le prix de mon déjeuner, de ma bière ou juste celui de mon café. Car comme tout bon barcelonais, j’aime prendre mon café en terrasse en bas de chez moi. Depuis quelques années, le prix m’en dissuade très souvent.

Le tourisme oui, le tourisme de masse non

Quand j’ai commencé à entendre parler de la lutte contre le tourisme de masse, je ne comprenais pas pourquoi les gens se mettaient dans de tels états et surtout je ne comprenais pas comment on ne pouvait pas avoir honte de mettre des affiches sur son balcon disant :  « tourist go home » .

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Cependant, à présent que j’y suis confrontée, je comprends un peu mieux le fait que tout n’est pas blanc ou noir. Le tourisme de masse enrichit la ville, mais ruine la qualité de vie de ses habitants. Vous pourriez dire, qu’après tout, je ne suis qu’une expat, une étrangère de plus dans la ville, mais je vous répondrais que cette ville, c’est mon chez moi.

Les touristes ne sont pas les seuls responsables

Après tout, ce ne sont pas eux qui décident d’augmenter les prix, de faire que les musées anciennement gratuits soient devenus payants ! Ce ne sont pas eux non plus qui poussent les propriétaires gourmands à en vouloir toujours plus pour leur logement ou pour leur commerce et qui imposent chaque année un loyer plus conséquent et qui finalement chassent du centre les résidents et les commerces de proximité. Nous ne pouvons définitivement pas rivaliser avec les même armes. Ce sont pas eux non plus qui nous empêchent de pouvoir profiter d’une terrasse juste pour prendre un café, mais bien les propriétaires du bar qui préfèrent garder la table à 18h pour les potentiels touristes qui veulent manger. Ce ne sont pas eux non plus qui refusent de donner des prêts bancaires aux gens pour acheter un logement s’ils n’ont pas au moins 30% de la somme demandée. Alors à qui la faute ?

El barrio gotico, mon quartier

Je suis encore à un stade, où je veux lutter et résister. Je pourrais effectivement, prendre la décision de faire comme tous les catalans, de quitter le centre, me trouver un petit appartement un peu plus éloigné mais dans un quartier plus tranquille, mais je ne veux pas baisser les bras. Pas encore. C’est aussi mon quartier !

 

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