40 ans, bienvenue au 4ème étage

En ouvrant un œil ce matin, mon mari m’embrasse et me souhaite la bienvenue au 4ème étage. C’est mon anniversaire et le chiffre est annoncé. Ce jour arrive enfin. Non, que j’étais impatiente d’y être, mais ce jour qui je pensais n’arriverait jamais est finalement bien là. Mon côté enfantin n’y croyait pas. Non, moi la petite dernière des quatre frères et sœurs ne va pas rejoindre l’âge de raison. D’un car, je ne le souhaite pas et de deux car, je suis encore trop jeune dans ma tête. Eh bien, il semblerait que je ne puisse pas tout contrôler et que finalement, j’ai été détrôné de mon statut de plus jeune de la famille et ceci il y a déjà fort longtemps. Ce n’est pas le jour où tu fêtes tes 40 ans que tu prends conscience que tu as vraiment 40 ans. Et non… C’est quand…

Tu te rends compte que tu as 40 ans quand…

Tu préfères le calme de la campagne à l’agitation de la ville.

Si vous m’aviez dit, il y a encore quelques années que je prendrais plaisir à vivre au calme, loin de l’odeur de l’asphalte qui me plaisait tant, jamais je ne vous aurez cru. Moi, à la campagne ? Impossible les gars, vous vous plantez ! Et royalement en plus ! Si je n’avais pas le bruit constant du rideau de fer du bar en bas de chez moi que l’on montait et descendait à toute heure, c’était comme si quelque chose me manquait. Et puis me voilà, après un retour en France, vivant dans un village de deux mille habitants. Je redécouvre les joies de vivre à la campagne, car après tout, je suis une petite Ingalls de naissance, née dans un tout petit village.

Tu découvres que le jardinage, te tranquillises

Contrairement à mon père, je n’ai pas la main verte. En effet, je serais plutôt comme ma mère à qui mon père suppliait de ne pas toucher ses plantes afin de les protéger. Et si elle pouvait même éviter de les regarder pour ne pas les faire faner, c’était encore mieux. Et bien voilà, que je me surprends à aimer me salir les mains en jardinant. Mes casques sur les oreilles, je me détends. Je désherbe, je bêche, je nettoie, et même replante. Tout en tranquillité. J’avance pas à pas, à mon rythme. Quel plaisir de constater la transformation se faire et le jardin prendre forme. Bon, j’aurais pu choisir le tricot… à moins que je me le réserve pour mes 60 ans…

Tu écoutes toujours les mêmes tubes

Oui, ta musique est la même depuis très longtemps. Il n’y a qu’avec elle que tu te déhanches comme cela. En effet, j’ai un peu de mal à aimer ce qui se fait en ce moment. Bien sûr, je dois reconnaître que certaines chansons du moment me donnent envie de danser, mais je ne trouve pas qu’elles aient réellement quelque chose de transcendant. Ou du moins, ces nouvelles chansons n’ont rien de nouveau. C’est comme si nous avions déjà fait le tour de tout ce qui pouvait se faire et que les nouveaux styles ne soient en fait que des remix souvent mauvais des anciens genres.

Tu considères que les jeunes ont tout à apprendre

Déjà, le seul fait de le reconnaître, tu sais que tu ne fais plus partie de la même catégorie. Tu coches la case au-dessus dans les enquêtes de satisfaction. Tu envies ces visages lisses et tu regrettes le tien quand tu tombes sur des anciennes photos. Il n’y a pas possibilité de faire marche arrière. Tu écoutes les paroles qui sortent de leur bouche en pensant : c’était si différent pour moi avant ? Je n’avais pas les mêmes options. Il est vrai qu’aujourd’hui les choses sont différentes et que les manières de vivre le sont aussi.

Tu as du mal à te faire des nouveaux amis

En revenant en France après plus de 20 ans, je n’ai plus ou très peu de contact avec mes amis d’enfance. A cela s’ajoute ce fichu virus qui nous oblige à rentrer au bercail à 18 h, mais force est de constater que je ne me suis fait aucun nouvel ami depuis mon retour. Pas une maman de l’école. Pas une voisine qui serait curieuse de discuter avec la nouvelle venue. Non. Rien de rien. A vrai dire à les seules personnes que je croise sont soit de ma famille, soit des commerçants ou docteurs. Donc, partant de là, il est difficile de pouvoir proposer de faire plus ample connaissance autour d’un café sur une terrasse qui de toute façon est fermée.

Tu es matinal

Tu te réveilles à 7h du mat et cela te parait normal. J’ai toujours aimé mon lit. Je pouvais y passer des heures. Tu devais toujours me tirer du lit par les cheveux si tu voulais me voir avant 11h. Et me voilà à présent à ouvrir un œil a 7h du mat et à descendre prendre mon premier café. C’est du jamais-vu. Je me lève tôt. Je profite de mes journées calmes et je vais me coucher tôt pour être en forme le lendemain. Et je suis heureuse d’avoir pris ce rythme qui en plus est devenu super naturel.

Tu n’as pas besoin de fêter ton anniversaire en grande pompe

Tu es contente de passer ton anniversaire avec tes êtres les plus chers, une bonne bouteille et ton dessert préféré. Nous avons quand même mis des bougies pour éviter que les enfants ne me disent : « c’est trop nul cette fête, pour mon anniversaire, je veux quelque chose de différent ». Encore une fois, je ne sais pas si c’est à cause du virus ou des 40 ans, mais l’idée de ne pas fêter mes 40 ans en grande pompe ne m’a pas attristée. Ce qui est assez surprenant, car tout comme j’ai organisé ou activement participé à l’organisation des 40 ans de bon nombre d’amis, j’ai toujours pensé que la fête de mes 40 ans serait aussi mémorable que celle de mes 30 ans. Et non… Cependant, tout s’est passé dans la bonne humeur et le calme de l’événement ne m’a pas empêcher de passer une excellente journée.

Et vous vos 40 ans cela se passe comment ? Et pour ceux qui n’y sont pas encore, vous voyez ça comment ?